Evolution de la RE2020 : pour qui et pour quand ?


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Une réglementation évolutive : comme pour les usages initiaux, le principe de jalons est conservé. Les seuils environnementaux se renforceront progressivement en 2028 puis en 2031. |
La vérification du respect de la RE2020 : deux étapes clés
Tout projet entrant dans ce champ d’application devra justifier du respect de la RE2020 via deux attestations obligatoires :
- Phase Permis de Construire (PC) :
- Vérification du respect des indicateurs Bbio, DH et de l’accès à l’éclairage naturel dans la phase conception,
- Engagement à respecter les autres indicateurs (Cep, Cep,nr, Ic,construction, Ic,énergie).
- Enjeu : s’assurer que la conception du bâti anticipe et s’adapte au climat futur.
- Phase Achèvement (DAACT) :
- Vérification du respect de tous les indicateurs de résultat,
- Justifier la performance physique du bâtiment par la mesure de perméabilité à l'air (pour tous les usages) et attester la conformité de la ventilation (habitation).
- Garantir la cohérence entre l'étude et le terrain en confrontant les matériaux et équipements réellement posés aux données de calcul.
La RE2020 et la perméabilité à l'air
L’arrêté du 29 avril apporte des précisions majeures (Art. 2 et 3) sur l'étanchéité à l’air de l'enveloppe des bâtiments :
- Généralisation des tests : Pour garantir la performance réelle, les mesures de perméabilité deviennent obligatoires sur tous les usages RE2020.
- Des exceptions : Les bâtiments de grandes hauteurs (IGH) et/ou supérieur à 3000 m² ne sont pas visés par cette obligation par les difficultés de mesurage rencontrées sur ce type de bâtiment. La norme ISO 9972 est par ailleurs en cours de révision pour rendre la méthodologie de mesure cohérente avec les contraintes de ces projets particuliers.
Objectifs de perméabilité à l'air (seuils max) :
Habitation
Au-delà du calcul, c'est l'aspect opérationnel qui change pour les acteurs du chantier :
- Un indicateur sans compensation : Contrairement au Bbio ou au Cep qui résultent d'un équilibre entre plusieurs paramètres de conception, la perméabilité à l'air est un résultat physique brut, qui ne souffre d'aucune compensation inter-postes.
- L'effet "Couperet" : Si la mesure à l'achèvement est supérieure à l’exigence réglementaire ou l'objectif fixé dans l'étude thermique, le projet est non-conforme. Le maître d'ouvrage s'expose alors à des travaux de reprise souvent lourds et complexes.
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Rappel des nouveautés apportées par la RE2020
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volet Énergie
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volet Été
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volet Carbone
1. L'efficacité et la consommation : le volet Énergie
On conserve le Bbio (besoin bioclimatique) et le Cep (consommation d'énergie primaire), mais avec une petite nouveauté : l’évaluation de la part non renouvelable de la consommation d'énergie avec l’indicateur Cep,nr . L'objectif étant de pénaliser les énergies fossiles au profit du bas-carbone et du renouvelable.
2. Du confort théorique au confort réel : le volet Été
Adieu la Tic : La Température Intérieure Conventionnelle (trop théorique) disparaît.
Bonjour le DH (Degrés-Heures) : On évalue désormais le confort d'été par un cumul de l'intensité et de la durée des épisodes de chaleur à l'intérieur du bâtiment. On ne regarde plus seulement "si ça monte haut", mais "combien de temps on a chaud".
3. L'Analyse de Cycle de Vie : Le volet Carbone
C’est la grande nouveauté de la RE2020 : L’évaluation de l’impact environnemental du projet de construction. Il ne s’agit pas là d’un nouvel indicateur de la méthode de calcul précédemment utilisée, mais d’un autre calcul, mené en parallèle, permettant d’évaluer plus de 25 impacts environnementaux sur toute la durée de vie du bâtiment (de la recherche des matériaux premières jusqu’à la fin de vie du projet) et ce, pour une période de référence de 50 ans. Deux indicateurs ont une portée réglementaire :
- Ic,construction : L'empreinte carbone des matériaux utilisés (de l'extraction à la fin de vie) et du chantier.
- Ic,énergie : L'impact carbone lié aux consommations d'énergie pendant l'exploitation du bâtiment.
Cette réglementation accompagne la filière de la construction par des seuils progressifs.
La RE2020 encourage clairement les dispositions constructives et techniques durables :
- Matériaux bio et géosourcés
- Réemploi / Réutilisation
- Systèmes passifs ou thermodynamiques.
Cependant, là où le logement a bénéficié d'une transition douce grâce à l’expérimentation E+C- et des publications réglementaires plus précoces, ces nouveaux secteurs vont découvrir l'Analyse de Cycle de Vie (ACV) et la perméabilité à l'air de façon plus immédiate.
Le véritable enjeu est désormais managérial :
Cette réglementation impose d'ajouter une brique "Performance Environnementale" indissociable de la conduite d'opération. Elle impacte chaque phase du projet, dès la contractualisation des différents acteurs, et nécessite une coordination sans faille de tous les intervenants. La donnée carbone devient un indicateur à piloter au même titre que les autres thématiques (Thermique, Acoustique, Résistance au feu, Solidité etc.)
Le mot d'ordre : L'acculturation rapide.
Pour réduire la courbe d'apprentissage et éviter l'effet "couperet' il sera important de capitaliser sur les premières expériences afin de transformer la contrainte réglementaire en réelle opportunité de valorisation de vos actifs tertiaires.
Face aux enjeux et conséquences que peut représenter une irrégularité à l’achèvement des travaux, APAVE mobilise son expertise pour accompagner les maîtres d’ouvrages depuis la phase conception jusqu’à la livraison afin de sécuriser l’atteinte des objectifs énergétiques et environnementaux.
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